Concrete Shoes est une série de sculptures dans laquelle des chaussures sont prises dans des blocs de ciment reprenant le volume de leur boîte d’origine. Objet destiné au déplacement, prolongement du corps et de la marche, la chaussure devient ici poids, masse et obstacle. Le mouvement est matériellement empêché.
Les titres, Nous tous, En marche, Se planter ou Où va le monde, prolongent ce paradoxe en convoquant le déplacement, la trajectoire et l’idée de progrès au moment même où les objets sont immobilisés. L’expression anglaise « concrete shoes », associée à l’imaginaire mafieux du corps lesté de ciment, ajoute à ces formes une dimension plus sombre : le bloc peut être à la fois socle, monolithe, contrainte et poids.
Installées en extérieur, les sculptures ne restent pourtant pas immobiles au sens strict. Le ciment vieillit, la végétation s’y développe, les intempéries, la mousse et les insectes modifient progressivement leur surface. Ce qui ne peut plus avancer continue ainsi de se transformer. Le temps prend le relais du mouvement.
Entre objet quotidien, sculpture minimale et intervention dans le paysage, Concrete Shoes met en tension mobilité et immobilité, progression et empêchement, permanence et transformation. Le bloc fixe la chaussure, mais ne suspend ni le temps ni le monde qui l’entoure.
Voir texte de Clarice Thamel
Série « Concrete shoes » in situ :
Nous tous, 2021, ciment gris, chaussures (DC, Adidas), 23 x 24 x 42 cm. Monolithe 23 x 31 x 9,5 cm
En marche, 2021, ciment gris, chaussures (Supra), 23 x 31 x 35 cm. Monolithe 23 x 31 x 10,5 cm
Se planter, 2021, ciment gris, chaussures femme, 23 x 48 x 11 cm. Monolithe 23 x 30 x 11 cm
Où va le monde, 2021, ciment gris, chaussures (Adidas Buzenitz), 23 x 31 x 28 cm. Monolithe 23 x 31 x 9,5 cm




